Aviator...

Messagepar nord2000 » 02 Fév 2005, 12:32

"Toward the unknown" vieux film des années 50 de Mervyn LeRoy à la gloire des pilotes d'essais, tourné à Edwards, avec James Garner et William Holden. On y voit les prototypes Bell X-2, Douglas X-3 ainsi que le fer de lance du SAC de l'époque le B36 et c'est le regretté Paul Mantz qui avait assuré le tournage de la partie aérienne. Si quelqu'un sait où trouver ce monument oublié...

PS : le 'somptueux navet' auquel je faisais allusion concernant la vie de Howard Hugues était "The carpetbaggers" réalisé en 1964 par Edouard Dmytryck avec Georges Peppard dans le rôle principal sous le nom de Jonas Cord et Alan Ladd dont ce fut d'ailleurs le dernier film. Introuvable aussi mais vaut le détour!
Dernière édition par nord2000 le 02 Fév 2005, 12:48, édité 2 fois au total.
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Messagepar FlyAway » 02 Fév 2005, 12:35

Concernant mes films cultes ayant pour thème l'aviation, "Aviator" en fait désormais partie. Au même titre que "La Bataille d'Angleterre" et, surtout, le plus génial de tous, "1941", de Steven Spielberg...
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Messagepar Echo Romeo » 02 Fév 2005, 12:50

Tiens, je ne connaissais pas "Towards the unknown". On en apprend tous les jours, ici.

Pour ma part, il y a deux scènes de film qui m'ont marquées dans ma prime jeunesse :
- La tentative de record d'altitude de Yeager avec son F-104 modifié dans "l'Etoffe des Heros", avec en contrepoint le ridicule BBQ de Lyndon Johnson.
- Une scène du navet de propagande "Strategic Air Command" avec James Stewart, où l'on voit une formation de B-36 Peacemaker à haute altitude, laissant derrière elle d'immenses trainées de condensation.

Pour en revenir à Nicolas Hulot, la scène de montgolfière à laquelle tu fais allusion, Xavier, se termine par une courte et douloureuse finale vers un théier, non ?
Sinon, j'ai longtemps conservé en VHS son vol en Su-27 à Joukovski...

Dans un autre registre, j'ai découvert le Catalina en regardant des docus de Cousteau. Et bien que cet appareil semble avoir causé la mort de son fils, ses apparitions ont contribué à ma passion des hydros.
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Toward the unknown

Messagepar nord2000 » 02 Fév 2005, 13:10

Dans le film précité, on voyait aussi le prototype XB51, bombardier triréacteur tactique, qui perdit la compétition face au B57 (version américaine du Canberra qui fut de toute façon construit aussi par Martin, lot de consolation sans doute).
C'était un avion pas ordinaire dont l'aile et l'empennage étaient à incidence variable et dont le fuselage en forme de caisse allongée était une des premières applications de la loi des aires de Withcomb. On découvrira peu après que rétrécir la section de fuselage au niveau des ailes ('Coke bottle shape') revenait au même.


Image
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Messagepar Xavier de Pramont » 02 Fév 2005, 19:03

Merci pour ces premières indications de « films/avions ». Y en a-t-il qui mettent en scène l’avion ou l’hydravion dans une belle histoire, bien dramatique, mais en temps de paix ?
J’ai beau chercher, je ne retrouve pas de film mettant en scène l’avion pour, par exemple un beau sauvetage, alors même que, pendant des années, l’avion fut l’engin de sauvetage par excellence. Saviez-vous que le Dornier DO X, (DO-WAL, dit « la baleine »), d’après ce que m’en annonce le bouquin que m’a remis Conrado durant une visite dans le hangar où dort le prototype du DO-Seastar (tiens, je vous dois une belle histoire là-dessus), les hydravions allemandes DO X ont sauvé, pendant la guerre, 11 000 militaires et civils alliés. Cette histoire de sauvetage par un hydravion de marins (eux-mêmes souvent coulés par un U boat) a quelque chose de très noble. Est-ce qu’il y a un seul film là-dessus ? Bon, ce serait encore un film de guerre, néanmoins. Pour revenir à des films émouvants, tenez, je me souviens d’une histoire incroyable de sauvetage en hydravion, qui, à mon avis, n’a jamais fait l’objet d’un film, ni court ni long.
Elle est véritable, et se passe en Alaska : un pilote d'hydravion prit un jour le risque de secourir un jeune homme accidenté en pleine nuit, et, pour çà, se posa de nuit, en amerrissage "miroir" (glassy water landing), sur un premier lac, avant de taxier, sur le redan, pour rejoindre un deuxième lac (lui-même trop court pour envisager un amerrissage) auprès duquel le jeune homme accidenté l'attendait.
Quelle histoire, quelles images se forment dans ma tête à l’évocation d’un tel exploit ! J’ai l’impression de voir le film se dérouler sous mes yeux :
Décollage de nuit sur l'eau, vol de nuit avec les montagnes en fond se découpant sur le ciel nocturne rendu légèrement plus clair par la clarté diffusée par les étoiles, (ici, je voudrais retrouver, en plus intense, la magie des images du vol de nuit dans AVIATOR, avec le Sikorski sur fond de Los Angeles, vous vous souvenez, Howard Hughes donnant sa première leçon de pilotage à Catherine Hepburn), arrivée à la verticale du premier lac (c'était avant le GPS), prise de repères, "fabrication" des axes de descente, descente, passage à la cîme des sapins dont la silhouette, ligne noire à la lisière du lac, lui-même plus clair, sert d'outer marker au passage verticale. Je vois le pilote en pensée. Il passe cette ligne d'arbres, presque irréelle, il déclenche son chronomètre et affiche ses paramètres de descente pour un glassy water landing : régime et assiette, on vérifie vitesse et taux de descente : 50 KTS et 80 pieds/minutes. Tout est affaire de compromis : plus vite, çà serait peut-être mieux pour être sûr de ne pas décrocher mais en revanche, on s'allonge trop, tout le lac va y passer. Plus plat (taux de descente plus faible), le contact avec l'eau serait peut-être plus doux, mais là encore, on risque d'effacer le lac sans avoir atterri. Car il faut vous dire qu'à ce moment-là, le pilote ne regarde plus dehors. Il est totalement concentré sur ses instruments et son chronomètre. Il a visualisé avant d'entamer sa procédure la longueur du lac dans l'axe selon lequel il entreprend cet amerrissage "en aveugle". Il sait donc que, au bout de tant de secondes, ayant déjà "avalé" les deux tiers de la longueur totale disponible, s'il n'a pas touché, il lui faudra impérativement remettre les gaz, laisser la vitesse remonter à 60 KTS et dare dare afficher l'assiette de montée pour tenter sa chance une deuxième fois. Approche manquée, il faudra recommencer, un point c’est tout. Ainsi le pilote, dans son apparente improvision, dans cette procédure qu’il construit en toute illégalité, est pourtant, à cet instant, le plus rigoureux des hommes, cent mille fois plus rigoureux et tatillon, un million de fois plus perfectionniste et responsable que le premier plumitif venu, qui, pour cet acte héroïque, pourrait, en d’autres temps et d’autres lieux, « proposer la révocation de toutes les licences de l’intéressé ».

En fait, pour reprendre l'image du bon pilote tel que nous la décrit Echo Roméo ou un autre des super-participants à ce forum (je le repète, Messieurs, quel plaisir de vous lire), à savoir celle d'un honnête homme capable de mettre tout son savoir, sa rigueur, son expérience et son imagination au service de situations imprévues pour lesquelles il "construit" ses propres outils (exactement comme Mattingly qui dans « Apollo 13 », se sert d'objets hétéroclites pour construire, depuis Houston, les filtres qui vont sauver l'équipage), ainsi ce pilote d'hydravion combine le savoir faire et l'expérience accumulée du pilote d'hydravion, conformément aux procédures (by the book : l'amerrissage par effet miroir, c'est du standard, on répète, on répète, on suit la procédure, çà devient une seconde nature, et il vaut mieux, d'ailleurs, parce qu'au début, c'est justement "contre" nature), et en artisan doué, à partir de ce qu'il maîtrise, il "construit" une procédure d'amerrissage nocturne, qui, elle, bien évidemment, n'est pas dans le bouquin. Mais quand il s'agit de sauver une vie, et qu'on n'engage que sa propre peau, doit-on rétorquer "impossible" ? La fin ? Vous l'imaginez à l'écran (il en faut des caméras) :au calme et à la tension régnant dans le cockpit, l'homme ne faisant qu'un avec ses paramètres avant de sauter des paramètres à la machine elle-même, scrutant tour à tour chronomètre vitesse plan de descente, la main sur les gaz telle une bielle sertie à la manette de gaz (çà, c'est de Monsieur Giraud), les secondes passent, angoissantes, l'avion est sur son plan, infime plan de descente, de l'extérieur, le spectateur voit le lac se dérouler en silence, la rive opposée se rapprocher ; le pilote, lui, est indifférent à cette rive. Il EST son chronomètre. Lorsque l'aiguille passera tel chiffre, la bielle que constitue son bras repoussera la manette des gaz, insufflant l'énergie nécessaire à l'hélice, l'énergie, la rotation de l'hélice, l'air prêt à se durcir sous les ailes, l'avion prêt à se cabrer pour échapper à la mort qui se rapproche, la lisière de sapins, là-bas, en face, si près maintenant. Et puis, tout d'un coup, comme un gros ours débonnaire, une tape, "waouff". On a touché, l’eau est là. Bielle en arrière toute, gaz réduits, hydravion cabré. Tout ceci dans un souffle, la gerbe d'écume blanche, filmée de l'extérieur, est comme une traine de mariée dans la nuit noire. L'hydravion s'immobilise presque, non, le voilà qui repart, il s'agit de garder un minimum de vitesse pour maintenir un contrôle à la fois aérodynamique sur les gouvernes et hydrodynamique sur le safran. Reprendre ses marques, suivre le ruban de lumière que constitue le lac qui se resserre, repérer un nouvel axe au conservateur de cap, et puis moteur, moteur, le temps presse, remonter le safran, repasser sur le redan, et filer au milieu des étoiles, qui, se réflétant dans l'eau du lac immobile, s'éteignent une à une au fur et à mesure qu'avance l'étrave de l'hydravion.
Lac, rivière, à nouveau lac, réduction, safran, scruter le rivage, rechercher la plage propice, demi-teinte gris claire sur le fond plus sombre des sapins et des rochers.
Scruter l'eau aussi, a priori, pas de rocher affleurant dans ce lac, mais les réflexes sont là, le pilote n'est plus pilote mais Ulysse guettant les écueils pendant que ses marins dorment.
Une plage.
Beacher à présent, rejoindre le blessé, immobilisé à quelques pas de la rive, le hisser sur ses épaules, le ramener dans l'hydravion, l'installer avec l'attention d'une mère. Hydravion, lac, amour d'un sauveteur devenu père et mère à la fois, homme par qui la vie va renaître, tout se mêle. Ils ont décollé de l'autre lac, la nuit se referme sur l'Alaska. A l'intérieur de son cockpit, l'homme scrute à présent ses instruments, l'extérieur toujours menaçant avec les sommets qui guettent de leurs machoires, alors que, dans un même et seul mouvement circulaire, le regard de l’homme embrasse à présent la silhouette qui sommeille, à demi-allongée sur le siège passager.
Je vous quitte là-dessus. On m'apprend qu'un homme vient de rentrer aux "Trois maillets", piano bar à côté de chez moi. Il tenait un exemplaire du livre "hydravions" que nous distribuions à nos membres il y a deux ans (il était épuisé dans le circuit normal). Super bouquin dans lequel l'Hydravion d'AVIATOR figurait en bonne place, je rechercherai la photo. L'homme s'est assis au piano, me dit-on, et, en guise de partition, a ouvert le bouquin. Portant une alliance à la main droite, il pourrait être russe. Vous imaginez, un espion russe, pianiste et pilote d'hydravion ? Je fonce, je vais faire un peu de russe, çà ne peut pas faire de mal... Je reviens et je vous raconte. Peut-être un autre film en perspective...
Xavier, qui se fait son p'tit cinéma...

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Messagepar Aile » 02 Fév 2005, 19:18

Xavier de Pramont a écrit:Merci pour ces premières indications de « films/avions ». Y en a-t-il qui mettent en scène l’avion ou l’hydravion dans une belle histoire, bien dramatique, mais en temps de paix ?


L'excellent "Always" du non moins excellent Spielberg répond à ce critère, et fut évoqué sur le forum dans le sujet suivant : Ca décoiffe bis : Always
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Messagepar Echo Romeo » 02 Fév 2005, 19:27

Je ne suis pas certain que l'image du bon pilote soit de moi. Il faut se méfier ! Bien que j'occupe souvent la fréquence, le véritable contenu de ce forum est le plus souvent dû à d'autres Pégasiens dont j'apprends quotidiennement quelque chose d'intéressant, de beau, parfois d'inutile, mais tellement enrichissant.

Puisque l'on parle de Dornier, dont le WAL était vraiment doté de lignes d'un grande pureté, je me permets de rappeler cette discussion au sujet de la réincarnation de son petit frère, le Do-24 ATT :
http://forum.pegase.tv/viewtopic.php?p= ... do24#11146

Et toi qui nous communique si bien ta passion pour l'hydraviation, Xavier, tu dois te souvenir de Nicolas Hulot en visite chez Beriev (grand moment de télé d'il y a quinze ans)...
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Messagepar Xavier de Pramont » 02 Fév 2005, 19:38

Etant basé à l'étranger toutes ces années, j'ai tout raté côté belles émissions. "Adoptez un amnésique".
Sinon, le gars de tout à l'heure est bien russe, il a 33 ans, pianiste, venait de voler aujourd'hui avec le p'tit gars de l'AéCF qui chez nous tient la figure de James Bond (il se reconnaîtra, j'en profite pour le saluer), sur PA28.
Pour son anniversaire, il y a quinze ans, son papa lui avait fait faire un tour avec un copain pilote... en mig 29.
Des plaisirs simples quoi...
Pas la peine de se faire du cinéma, il est à nos portes, pas vrai ?
Bonne soirée, Cody Banks 2 en famille çà ne se refuse pas..
Xavier
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Messagepar Pegase.tv » 04 Fév 2005, 16:16

...Tiens, pour revenir à Aviator, conflit domestique.
Antoine, mon fils (pas l'Ancien), ressort du cinéma, et il est déçu-fâché. Scorsese, dit-il, a trahi les aviateurs en général (lire: les gens sincères) et Hughes en particulier. Car céder à l'image de synthèse alors qu'il est possible de faire du vrai, c'est selon lui du ressort de la tricherie quand on aborde avec de tels moyens un tel sujet.
Et du coup, longue discussion, et j'en ressors ébranlé.
...C'est vrai que le Sikorsky amphibie existe pour de bon, et d'ailleurs la scène de la plage quand HH drague Katherine Hepburn le démontre. Alors, dit Antoine, pourquoi ne pas l'avoir systèmatiquement utilisé, ce vrai Siko, par exemple pour la scène du vol de nuit au-dessus de L.A., et en particulier l'atterrissage dans le parc aux premiers rayons du soleil? Car effectivement, l'avion virtuel qu'on voit se poser tel la libellule en overdose de pilules roses n'est pas, et de loin, aussi beau (et crédibilisant pour le film) que si ça avait été tourné en vraie grandeur.
De même, quand le film a été tourné, la réplique du Racer (depuis explosé dans les Rocheuses, tuant son pilote-constructeur) existait encore, et aurait pu être mise en scène d'une façon bien plus stupéfiante que l'avion digitalisé qui, lorsqu'on revoit le film, est effectivement un peu farfelu dans ses trajectoires et sa présence scénique. J'imagine cette séquence, tournée dans le cadre de l'un des terrains désertiques de la région, avec trés longues focales stabilisées sur des plans étirés dans la longueur, l'avion de face accéléré jusqu'à l'illusion de 500km/h (variation de vitesse de la caméra)... Pour référence, regardez comment Eve et Fred Debrieu ont filmé le DC3 dans notre sujet du même nom, en Corse, lors de la trés longue approche-atterrissage, l'avion passant à deux mètres au-dessus de la caméra. Idem dans le sujet Constellation, lors du décollage et de l'atterrissage. Si nous, bricolos de faiseurs de docus, avons pu avec une banale Betacam et un pied en carbone sortir des plans de ce genre, imaginez ce qu'un Scorsese avec ses moyens aurait pu tirer de l'utilisation de vrais avion, me dit Antoine.
Et il ajoute que ce film fait le portrait d'un type qui, aussi capricieux, fou, étrange qu'il ait été, ne fonctionnait qu'à la vérité pure: il faisait de vrais films, dépensait son vrai argent, construisait de vrais avions et y risquait sa vraie peau. On aime ou pas, mais Hughes était d'abord vrai, de sa propre vérité.
Et ce film, me répète Antoine, aurait donc encore gagné en majesté et en vérité si Scorsese avait usé chaque fois que cela était possible de la vérité, plutôt que d'engloutir des millions de dollars dans du virtuel.
Bon, le résultat de cette discussion, c'est que je vais aller le revoir, pour creuser cette idée en forme de profonde critique...
BC
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Messagepar ncore » 04 Fév 2005, 16:35

Hello

bon alors en gros tu es en train de nous dire qu'Antoine aurait pu faire un excellent journaliste au lieu de s'embourber dans une carrière de pilote :)

ha vraiment! :)

a+

Nicolas
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Messagepar FlyAway » 04 Fév 2005, 18:44

A la réflexion, Antoine a raison! Mais...
Mais il ne faut pas oublier que Scorsese est avant tout un cinéaste, pas un aviateur. Et que ce qui peut paraître une tricherie aux yeux d'un puriste passera très bien dans le grand public. Le réalisateur avait sans doute des impondérables (production avant tout) qui n'ont pas jugé qu'aller si loin dans l'authenticité était vraiment nécessaire. "Aviator" est un film qui n'est pas spécialement destiné à des passionnés d'aéronautique. C'est avant tout un grand film destiné à gagner du pognon afin que le budget colossal qu'à nécessité son tournage ait une change d'être remboursé à ceux qui ont dénoué les cordons de la bourse. (Pas très romantique ce que je dis là mais c'est une réalité du box-office, il me semble)... Alors, d'accord, en y réfleéchissant bien, le film aurait gagné, à vos yeux (et aux miens) en crédibilité si Scorsese avait joué la carte de la vérité et du purisme. Mais je suis certain que cela n'aurait pas amené plus de monde dans les salles qui projettent le film... Un reportage de pégase et un film de Scorsese ayant l'aviation pour sujet sont deux choses différentes. Et si je devais choisir entre "Aviator" (que j'ai déjà vu 2 fois et que j'ai adoré) et "Spitfire/Pegase FR3" à emporter avec moi sur une île déserte, c'est le second que je choisirais, même si je suis conscient que l'immense majorité du grand public choisirait l'autre...
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Messagepar nord2000 » 04 Fév 2005, 19:23

Le producteur d'Aviator aime peut-être les avions, mais en bon gestionnaire, il veut rentrer dans ses frais. Là où tous les amateurs (d'avions) verront de l'image de synthèse travestissant une vérité qu'ils sont les seuls à connaître, le gros du public verra des morceaux de bravoure façon Hollywood pour pigmenter une intrigue déjà passablement romancée, gage d'une audience minimum dans les salles, la vérité historique là-dedans n'a pas dû être le souci premier du réalisateur. D'ailleurs, quelle vérité? La partie de la vie publique d'Howard Hugues remonte aux années d'avant-guerre et les témoins directs se font rares. Pour le Sikorski, le ou les propriétaires ont peut-être interdit qu'il soit utilisé en vol, (ce qui peut se comprendre). Pour le reste, même si la production avait décidé de faire un film plus orienté 'aéro' et moins people, on aurait sans doute eu droit à une caricature d'histoire de l'aviation civile, ce qui aurait été l'occasion d'une autre polémique. Un des films qui a le plus fait rigoler les pilotes de l'aéronavale américaine reste quand même 'Top Gun'.
Pour le reste, il y a sûrement un 'Grand' film qui reste à faire sur la vie d'Howard Hugues, comme sur celle de Saint-Ex d'ailleurs. Qui va aller se frotter au mythe? Personne sans doute et c'est tant mieux parce que la vie d'un individu dont l'existence aura fasciné ses contemporains peut difficilement être réduite au format d'un film de 3 heures, fut-il bien fait. Quel long métrage retraçant la vie de quelqu'un de célèbre aura marqué les esprits? 'Citizen Kane' peut-être, et encore, le film est plus marqué par la personnalité de son auteur et acteur principal que par la fidélité historique à l'histoire de la vie de Randolph Hearst (accessoire, dans ce cas précis).
Non, des sujets pareils méritent autre chose, un format qui reste peut-être à inventer, mélange de reportage en direct et de documentaire historique faisant intervenir dans le cours de l'histoire des témoins donnant vie au propos (le Sikorski justement). Mais ça ne peut pas être contenu dans le sacro-saint format de 52 mn.
Romancer en 3heures, 50 années d'une vie qui est devenue une légende, c'est forcément réducteur.
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Messagepar StephB » 04 Fév 2005, 19:50

Pour ma part je suis de l'avis d'Antoine (le fils, pas l'Ancien :wink: )

Je l'ai deja dit sur un autre forum, pour moi les scenes de vol en synthese sont ratées.
Et là je vais aller a l'encontre de Christian et Nord, en disant qu'elles sont ratées meme pour un néophite. Parce que quoi, si on est pas un expert en aviation, on n'a pas le droit de voir de vrais avions, ou du moins des faux qui sont comme des vrais?
Le probleme, dans la forme, est que la boite d'effets numeriques (Sony) n'a pas été a la hauteur. Et pas besoin pour cela de dépenser des cents et des milles.
J'en veux pour preuve le magnifique travail fait sur Le Seigneur des Anneaux. La boite? Weta Digital. Vous connaissiez, vous? Je suis sur que chez ILM, il y en a qui se sont etouffés en voyant le resultat que ces kiwis ont obtenu à l'écran. Et je veux pas dire que je suis un expert, mais je m'interesse à la chose numerique depuis pas mal de temps (je faisais de l'image de synthese sur Atari1040 et Amiga). Et ben je peux vous dire que j'avais du mal à croire que Gollum n'était pas réel dans certaines scene.
Et puis, pour revenir aux zincs, suffit de voir ce que peuvent faire des amateurs (j'ai en tete les images d'une petite video de synthese faite par un japonais, un truc bien credible...)

Tout ça pour dire, que peu importe le montant de la chose, rien ne viendra excuser le fait que les plans numeriques du Racer en particulier ne sont pas à la hauteur. Il n'y a vraiment qu'un ou deux plan (notamment, comme l'indiquait Bernard, en longue focale avec les collines en arriere plan) qui le font. Et c'est dommage parce que du coup, meme le grand public qui semble etre un inculte, le reste, ou pire est mésinformé. Pour s'en convaincre, il suffit de demander à un quidam ce qu'il se passe en avion quand on coupe les moteurs... :roll:

Maintenant, avoir l'avion en réel posait peut-etre d'insurmontable probleme d'assurance. Mais bon.
En tout cas, je peux me tromper, mais le S-38 me parait etre un vrai, en vol, dans les premiers plans du vol Howard-Katharine. Quelle beauté !(l'avion et Katharine/Kate! :D ). Il fait lui aussi partie de ma liste d'avions à faire en 3D depuis le calendrier du Fana de l'année derniere... :wink:
StephB
 
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Messagepar FlyAway » 04 Fév 2005, 20:16

StephB a écrit:Pour ma part je suis de l'avis d'Antoine (le fils, pas l'Ancien :wink: ) Et là je vais aller a l'encontre de Christian et Nord, en disant qu'elles sont ratées meme pour un néophite.


Tu ne vas pas à mon encontre Steph! Je l'ai relevé dans mon premier commentaire après avoir vu une 1ère fois le film: les scènes d'aviation en images de synthèse sont assez grossières...
Mais encore une fois, pas de quoi gâcher mon plaisir. Et mon plaisir, en l'occurrence, c'est avant tout celui d'un cinéphile plutôt que celui d'un féru d'aviation. J'ai la chance d'être passionné par les deux. Et le fait que si, aéronautiquement, certaines scènes sont ratées, mon plaisir d'amoureux du 7ème art ne s'en ressent quasiment pas. "Aviator" est un film magnifique, joué par des comédiennes et comédiens tous excellents dans leurs rôles (une mention spéciale au prodigieux John C. Reilly, qui joue Dietrich, le plus proche collaborateur de Hugues) et réalisé par un des 5 ou 6 meilleurs metteurs en scène du monde à l'heure actuelle... Que demander de plus? Ok, peut-être que Spielberg, plus branché aviation, aurait mieux négocié les scènes y relatives, mais rien ne dit que son film, en fin de compte, aurait été meilleur que celui de Scorsese...
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Messagepar Xavier de Pramont » 04 Fév 2005, 21:51

StephB a écrit:Pour ma part je suis de l'avis d'Antoine (le fils, pas l'Ancien :wink: )
En tout cas, je peux me tromper, mais le S-38 me parait etre un vrai, en vol, dans les premiers plans du vol Howard-Katharine. Quelle beauté !(l'avion et Katharine/Kate! :D ). Il fait lui aussi partie de ma liste d'avions à faire en 3D depuis le calendrier du Fana de l'année derniere... :wink:

Quel plaisir d'entendre quelqu'un d'autre exprimer le fond de sa propre pensée.
Ceci m'encourage à insérer ici (finalement), en clair, le texte que j'avais initialement rédigé à votre intention, mes amis, alors que j'étais encore tout à la magie d' AVIATOR, sans trop me préoccuper, je l'avoue, de distinguer entre image de synthèse et image réelle... Pour une fois qu'un cinéaste daignait ne pas considérer des images aériennes comme de simples "plans de coupe", quelle libération, enfin, quelle jubilation, oui.


"AVIATOR et l’hydravion. "

Paris, le 1er Février 2005.
Bonjour à tous. Nouveau sur ce forum, j'adresse mes salutations aux autres membres et à ceux qui ont la courtoisie d'en assurer la gestion, au premier rang desquels Bernard Chabbert, initiateur et créateur de ce site.

Je sors moi aussi du film Aviator. Pour tous ceux qui l'ont vu ou le verront bientôt, je désirerais mettre l'accent sur les images qui m'ont frappé par leur beauté. Ma réaction est subjective (déformation professionnelle).
Mais enfin, comment ne pas se réjouir de la place qu'accorde ce film, outre à la dimension psychologique d'Howard Hughes, au côté artistique et visionnaire du personnage.
Ce côté "ARTISTE", metteur en scène de sa propre vie, est notamment très bien rendu dans les séquences HYDRAVION, qui constituent (enfin, ont constitué pour moi), parmi les autres séquences aéronautiques, celles qui dégagent le plus de poésie, de sens de l'esthétique :
Cela commence avec cet hydravion (ce pourrait être un Sikorski, corrigez moi, comme celui que se fit construire Osa Johnson, connu sous le nom de l'"arche d'Osa", voir le film rétrospective "Les amants de l'aventure", disponible en cassette, avec les magnifiques images de l'Afrique ou de Bornéo prises en hydravion), un hydravion à coque (bateau volant), qui se pose gracieusement sur une plage et vient, telle une barque, accoster sur le sable (qui connaît le verbe correct pour « beacher » ?). Le pilote sort, très dignement et très sportivement marche sur le nez de l'appareil et saute sur le bord de la plage, totalement indifférent au sort qu'il fait subir à son revers de pantalon. Il invite, (je devrais dire "enlève") Catherine Hepburn et lui propose de l'emmener faire un 9 trous...
Qui d'entre nous n'a rêvé d'enlever la Dame de ses pensées en coursier volant. Seulement voilà, à moins de draguer une contrôleuse d'ADP (il y en a de très très jolies, aussi vous prierai-je de pardonner le présent écart de langage), ce n’est pas avec le Robin du Club que l’on peut impunément atterrir sur le chemin de remembrement qui longe la résidence secondaire de sa belle en pleine campagne de Beauce. Quoique, à ce sujet, il faut savoir que durant de longues années, l’atterrissage en campagne était LEGAL dans ce pays, jusqu’à ce que, bien sûr, on l’interdise, quel dommage, heureusement, il nous reste l’ULM …. Et l’hydravion. L’hydravion, sous certaines réserves, « qu'on se le dise », permet, AUJOURD’HUI, de procéder EXACTEMENT comme Howard Hugues. Je me permets, en guise de contribution à ce site, de vous inviter à visiter la page suivante, qui correspond, de manière totalement légale, à une scène bien comparable à celle du film. Il s’agit de photos d’amerrissage effectué dans l’enceinte d’une des dix hydrosurfaces référencées en Corse du Sud : http://seaplane.free./corsicasplashin.html.
Revenons à Aviator : Comment avez-vous trouvé la séquence de vol nocturne, toujours en hydravion, dans le ciel de Los Angeles ? Quelle fluidité, quelle douceur ! L’atterrissage de nuit (c’est un amphibie) sur le golf ? Ouaouh…. Pas forcément à conseiller, mais quelle classe….
L’un des clous du film, que j’ai d’autant plus apprécié qu’il m’a ramené au souvenir d’un très ancien check-flight en Albatross, me semble être ce vol inaugural en « Hercules ». C’est vrai, tiens, le C130 porte le nom de l’hydravion géant imaginé et conçu par Howard Hugues. Il est cependant, si vous me le permettez, à des années lumière en terme de poésie. J’avais appris il y a longtemps, à la lecture d’un excellent livre « Hydravions » que je vous recommande, que l’hydravion géant d’Howard Hugues (sept cents passagers…) n’avait fait qu’un simple vol en hydroplanage, « sur le redan ». D’autres disaient « en effet de sol ». Merci à AVIATOR de nous le faire voir en situation de vol effectif. Là aussi, aidez-moi de vos lumières ! Quelqu’un a-t-il un compte rendu de ce vol d’essai, notant en particulier l’altitude atteinte. Inférieure ou supérieure à l’envergure. Dans un cas, les puristes parleraient d’un écranoplane et non d’un hydravion, n’est-ce pas, aussi, tentons de voir les choses avec suffisamment de finesse. Autre question, puisque nous sommes sur un forum : Est-ce que des études ont été faites pour, a posteriori, déterminer si cet appareil, « tel quel », aurait pu effectuer un véritable vol en croisière ?
Si oui, quel eussent été ses spécifications : autonomie, charge utile, etc.
Si non, où était le problème ? Sous-motorisation (auquel cas, vous voyez où je veux en venir, compte tenu des performances des turbines et turbo-fans actuels, pourrait-on envisager une remotorisation « virtuelle » ?) ? Ou autres problèmes, plus complexes à résoudre, tenant au design même de l’engin.
Le but de tout çà ? Rêver, bien sûr. Rêver à un A4XX qui tiendrait du bateau volant et pourrait, en un temps record, voler au secours de populations côtières anéanties par un tsunami, une fois une zone d’amerrissage « sûre » sécurisée en bordure de côte.
Sans trahir de secret, les lecteurs assidus d’Air et Cosmos et de la Revue de l’Armement sont conscients de ce que l’Europe, en concurrence avec les Etats-Unis, recherche depuis de longues années « l'avion de transport à tout faire géant idéal ». Je vais rechercher la spécification de besoin figurant dans la loi de programmation militaire, si vous le voulez… Alors, si on lui donnait une petite chance, à Howard, de voir son bébé grandir ?

Alors bon, tout çà ensemble, je me dis qu’on pourrait peut-être rebondir sur le formidable impact médiatique d’AVIATOR (car ce film va fonctionner, croyez-moi, il est superbe), se re-pencher, aujourd’hui, sur le projet chéri d’Howard Hugues. Ne se trouve-t-il pas, curieusement, à l’intersection de trois dossiers dont l’importance n’est plus à démontrer :
1. « 3 ième aéroport-nuisances »,
2. « desserte des populations côtières isolées en cas de cataclysme »,
3. « capacité d'intervention rapide d'un très gros porteur militaire en régions côtières et fluviales ».

En conclusion, merci donc à Bernard Chabbert pour son magnifique article sur ce film.

Merci à Martin Scorcese d’avoir su saisir en quelques images l’esthétique du vol en hydravion. Pour avoir eu la chance de piloter un Albatross, hydravion à coque dont la taille est comparable à celle d’un Canadair, j’admets que la scène du vol inaugural du Hercules est loin d’être parfaite : où est le passage sur le redan, où sont les « claques » que l’on ressent sur une houle longue (le clapot quant à lui ne procure pas du tout l’effet visualisé dans le film), mais après tout, soyons tolérants : d’abord, même ceux d’entre nous qui ont eu la chance de voler sur le plus grand hydravion actuellement en service (voir liens plus bas) ne peuvent présumer de ce que fut le comportement réel du Hercules lors de son vol d’essai. A l’inverse, quelles images, quelle beauté, quelle sérénité lorsqu’enfin l’oiseau géant parvient à prendre l’air. Il faut avoir bataillé avec la houle, sué sang et eau, failli renoncer cent fois avant d’arracher un hydravion à coque d’une onde peu clémente pour comprendre l’impression indicible de délivrance qu’éprouve Howard Hugues quand son enfant prend l’air.

Puisse le film AVIATOR , (conclusion en forme de vœu pieux), par son impact auprès de nos concitoyens et de leurs représentants (députés, administration) contribuer à la renaissance de l’hydraviation dans le pays qui l’a vu naître, à l’instant même où l’Europe dévoile, en la personne de l’A380, toute l’ingéniosité et la maîtrise d’œuvre aéronautique dont elle peut se targuer.

Xavier de Pramont
Hydravion-Club de France
http://seaplane.free.fr/hcf.htm"

Pour continuer sur le plan "technique", vous avez raison, je crois que l'avion d'Osa Johnson a été reconstruit, soit à partir d'un ancien appareil, soit sur plan, et qu'il aurait très bien pu servir pour un tournage plus "réel".
Une idée : "Et si on se le louait, l'avion d'Osa Johnson, ce Sikorsky aux allures de vedette vénitienne" ?
Xavier de Pramont
 
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